Présentation
Le Codex Bezae Cantabrigiensis est un manuscrit
bilingue , Grec et Latin, détenant une
forme ancienne des
Quatre Évangiles et des Actes des Apôtres.
Il est répertorié avec les
vieilles versions latines antérieures à la Vulgate, dans le courant dit “ Occidental ”.
A l'analyse,
son texte Grec se révèle être le plus proche témoin de la rédaction originelle. Il est une “empreinte fossilisée" dès le début du second siècle des Évangiles et des Actes. Comparativement le texte standard servant aux traductions est une compilation faite à partir de manuscrits copiés du IIIème au V ème siècles et qui ont forcément subi des retouches.
| Grec |
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Latin |
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L'ordre des évangiles est le même que dans le
codex
Washigtonianus (W) ou la Vetus Latina: Matthieu, Jean, Luc , Marc et après une importante lacune la troisième épître de Jean suivie des Actes des Apôtres.
La primlauté est accordée ici aux oeuvres de Luc dont le codex Bezae manifeste la profonde cohérence interne.
Avec une
remise en place progressive, le texte grec est donné sous deux formes avec son vis à vis Latin :
- GREC Unicode: Avec une
orthographe homologuée est donnée la meilleure rédaction qui prend en compte les corrections des copistes qui exercèrent une relecture du manuscrit.
Une palette de couleurs signale les différences
d'avec le
texte standard (NA).
- GREC / Police symbol : Avec la police symbol , rarement chargée par les navigateurs mais lisible en lettres latines, sans accents et sans esprits le texte suit la retranscription de F. H. Scrivener et ne tient pas compte des corrections apportées par les relecteurs; il est donné avec on orthographe originelle, témoin de son ancienneté.
La couleur rouge signale les différences
d'avec le
texte standard (NA)
- LATIN : Le Latin est une traduction ligne à ligne du vis à vis grec réalisée vers le IVèm siècle . Toutefois elle ne le suit pas toujours. Il arrive en effet que le traducteur se soit référé à un autre manuscrit des évangiles ou bien qu'il ait amendé le texte de manière assez personnelle. Ces particularité sont signalées par une couleur (grenat)
Quelques exemples marquant le texte de Luc :
- - Le verset sur le recensement fait sous Quirinius reprend une expression classique et n'offre pas la difficulté grammaticale rencontrée dans les autres manuscrits.
- - Le rôles des officiels, comme Quirinius et Pilate, est énoncé avec justesse.
- - Jésus avait “presque trente ans” et non "environ trente ans" à son baptême.
Il en résulte que les repères avancés par Luc sont en harmonie avec les sources romaines et offrent des datations solides. 

- - Marie n'étant pas encore officiellement fiancée à l'Annonciation mais simplement "promise", la liberté de Joseph était elle aussi sollicitée . (Luc ch 1:26).
- - Les versets sur la circoncision de Jean et celle de Jésus manifestent une particulière attention au Nom divin. (Luc ch2:21).
- - "la purification de lui", concerne la purification du temple évoquée dans le nom Hierosolyma (Luc ch2:22)
- - Dans la synagogue de Nazareth, Jésus reprit nettement la prophétie d'Isaïe à son propre compte en la mettant à la première personne: “Je suis envoyé“, au lieu de “il m'a envoyé”. D'où la surprise des assistants. (Luc ch4:18).
- - Un mystérieux sabbat dit "second premier" prend tout son sens dans le contexte dessiné par Luc (Luc ch6:2).
- - Exigente liberté: un verset unique sur le respect ou non du sabbat, en fonction de la connaissance personnelle de la Loi (Luc ch6:5).
- La prière au mont des oliviers : l'odre des phrases laisse entrevoir une profonde intimité entre Jésus et le Père, bien plus qu'une mise à l'épreuve (Lc ch 22:42).
- - "Il n'est pas ici" auraient dit les deux hommes aux femmes entrées dans le tombeau. Cette absence de la phrase dans le codex Bezæ permet de percevoir la présence du ressuscité dans la lumière renvoyée par les deux hommes (ch 24:6).
- - Le village vers lequel se rendaient Cléopas et son compagnon n'était pas Emmaus mais Oulammaus. Cette dénomination est un indice permettant d'identifier le compagnon demeuré dans l'anonymat, et par lui, le rédacteur de l'évangile.
Sylvie Chabert d'Hyères